Trans-Formation Associés accompagne les acteurs de l’ESS dans l’évaluation de leur impact social

Ce cabinet de conseil et formation a développé un savoir-faire et une méthodologie permettant aux acteurs de l’ESS, aux entreprises ou aux collectivités d’identifier, mesurer, rendre compte et valoriser leur utilité sociale et leurs impacts sociaux. Cette « initiative inspirante » a été rédigé pour le compte du Labo de l’ESS.

Les consultants de Trans-Formation Associés interviennent sur les territoires auprès de structures locales de toute taille : associations, coopératives, entreprises sociales, réseaux…

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Par utilité sociale ou impact social, il faut entendre « action sociétale ». Il s’agit de l’impact sur la société d’une activité ou d’une structure sur des thématiques larges : l’environnement, le chiffre d’affaires, les coûts évités, le renforcement du pouvoir d’agir, le lien social, la confiance en soi… Le cabinet fonctionne avec une gouvernance collective, ainsi qu’une gérance tournante et bénévole. L’actuelle gérante, Hélène Duclos, a commencé à travailler sur ces questions en 2000, à la demande de Culture et Promotion. Cette association nationale d’éducation populaire intervient dans le développement local et social.

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« La premier principe, c’est de définir les enjeux. Selon les raisons pour lesquelles la structure souhaite effectuer la mesure, nous ne mettrons pas en place la même méthodologie », explique Hélène Duclos. Les motivations des acteurs peuvent être multiples : mieux rendre compte de leur impact sur le territoire, valoriser leurs apports auprès de leurs partenaires, sensibiliser de nouveaux investisseurs, repenser leur projet associatif, se doter d’un outil de pilotage de leur activité, redonner du sens pour motiver leurs équipes, renforcer leur démarche commerciale ou améliorer leur plaidoyer…

« Il n’y a pas de définition unique et préconçue de l’utilité sociale, décrit cette pionnière des indicateurs. Nous nous demandons toujours : qu’apporte l’association, la coopérative, la mutuelle, la fondation, l’entreprise à ses usagers, ses bénéficiaires, ses clients, ses salariés, à son territoire, à la société ? Chaque organisation a une utilité unique envers la société, des apports spécifique sociaux, économiques, de transformation, culturels… ».

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L’indicateur comme moyen et non comme fin

Il est souvent nécessaire de mobiliser les parties prenantes sur la mise en place des évaluations ; cela garantit une meilleure appropriation des résultats et des connaissances acquises. Une fois les différentes thématiques identifiées, les consultants vont les traduire en critères d’évaluation, puis en indicateurs d’impact social.

Hélène Duclos insiste : « Les gens ont l’impression que l’outil fait tout, or il ne fait rien. Un indicateur seul ne parle pas, il n’est pas très pertinent. Par exemple, un taux de retour à l’emploi de 35% : je ne me prononcerai pas dans l’immédiat pour affirmer si c’est bien ou pas, car cela dépend du contexte, du public accueilli, du territoire… Il faut d’abord comprendre la théorie du changement, c’est-à-dire comment ce résultat s’est produit pour ne pas tomber dans un jugement hâtif ».

« Il y a aussi différentes natures d’indicateurs ; il y a des éléments qui sont chiffrables, d’autres qui sont estimables, et nous allons essayer d’objectiver des choses qui sont de l’ordre du qualitatif. Et puis, il y a des notions qui ne sont pas forcément chiffrables, comme la confiance en soi. Comment rendre objectif quelque chose qui par nature paraît extrêmement subjectif ? Il faut donc construire des outils, des grilles pour essayer d’objectiver ».

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Un lien entre les indicateurs nationaux et micro

Hélène Duclos fait clairement le lien entre le débat sur les indicateurs de richesse nationaux et ce type d’indicateurs au niveau micro. Selon elle, la mesure et l’évaluation de l’impact social est une démarche structurante pour participer au changement d’échelle de l’économie sociale et solidaire, et la loi Sas se dirige dans le bon sens. « Les acteurs associatifs ne doivent pas attendre que les pouvoirs publics définissent seuls les critères de mesure. Ils peuvent anticiper et construire leurs propres critères d’évaluation.

Pour ce faire, il est nécessaire de proposer aux structures des outils opérationnels qui les appuient dans leur démarche d’évaluation de l’utilité sociale ». C’est dans cette perspective qu’Hélène Duclos avait élaboré pour l’AVISE le guide : Évaluer l’utilité sociale de son activité – Conduire une démarche d’auto-évaluation. « Nombre d’évolutions amènent les acteurs de l’ESS à faire reconnaître la spécificité de leur apport à la collectivité. Pour cela, ils doivent être en mesure d’évaluer plus clairement ce qu’est leur impact », conclut Hélène Duclos.

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22 entreprises COORACE évaluent leur utilité sociale territoriale

La fédération nationale COORACE a proposé à ses entreprises adhérentes d’évaluer leur utilité sociale territoriale. Cette démarche répond à une double ambition :

– Renforcer le positionnement des entreprises du réseau en tant qu’actrices d’un autre modèle de développement économique.
– Valoriser l’ensemble de leurs apports aux territoires et peser dans le débat public à tous les échelons pour soutenir leur contribution à l’émergence d’un autre modèle de développement économique, solidaire et durable, ancré dans les territoires.
Cinq délégations régionales COORACE ont impulsé cette dynamique auprès de leurs entreprises adhérentes : Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Centre-Limousin, Poitou-Charentes et Bretagne. Hélène Duclos a conçu la démarche et accompagne les entreprises dans leur évaluation.

Lire aussi l’article rédigé par Debora Fischkandl sur l’Indicateur de Santé Sociale (ISS), mis en place dans le Nord-Pas-de-Calais.